27.12.2007
Lille Sud : nouvel air veut y souffler un nouvel élan
Lille-Sud est un quartier résidentiel défavorisé du sud de Lille comptant environ 20 000 habitants. Géographiquement le quartier représente environ 300 hectares dont 33 pour le cimetière du Sud et 10 hectares de friches industrielles.
Le chômage y est très élevé (plus de 20%) et une forte proportion de la population est peu qualifiée. De nombreux habitants sont issus de l'immigration (plus de 25%)
Le quartier est classé zone franche urbaine ce qui a favorisé l'implantation de 350 entreprises et l'embauche de 3 000 personnes, cependant ces entreprises réclament en général une main d'œuvre qualifiée.
Le quartier est comme séparé du reste de la commune de Lille par le sillon profond que constitue l'autoroute.
Les trois stations de métro desservant Lille Sud sont Porte des Postes, CHRB-Calmette et CHR Oscar Lambret.
Plusieurs projets sont en cours pour tenter d'améliorer les conditions de vie dans ce quartier. La rue du Faubourg des Postes compte déjà bon nombre de commerces et constitue le centre du quartier. Le projet Faubourg des modes prévoit l'ouverture d'une quinzaine d'ateliers pour les jeunes créateurs. Un nouvel hôtel de Police est en cours de construction.
Juste à l'arrière, une église typique en briques rouges du début du siècle ouvre une grande avenue bordée de maisons : le quartier des fleurs, calme et tranquille, s'étend jusqu'au CHR. La politique de la ville en matière urbaine mise beaucoup sur ce quartier et compte en faire, d'ici 4 à 5 ans, un lieu de vie sociale, culturelle et économique.
REMARQUES complémentaires, ou précisions [modifier]
La nouvelle appellation administrative (due à la Mairie et bureaux ou services municipaux) dénomme à présent - depuis ce début du XXI° siècle - et considère à titre d'une entité commune la notion territoriale de "Lille Sud". Historiquement et pour la topographie, ces quartiers effectivement et géographiquement situés au Sud de Lille-ville (intra-muros) sont en fait constitués en extra-muros de quatre zones péri-urbaines principales (d'Est en Ouest) :
- Le Faubourg de Douai ;
- le Faubourg d'Arras ;
- le Faubourg des Postes (l'ancien "Lille Sud") : en fonction du déplacement du cimetière principal de la ville de Lille après l'extension de 1858 - 1863. L'ancien cimetière local était établi dans le centre du quartier de Wazemmes, ancienne commune de banlieue et paroisse, au hameau lié de Lille-Moulins. Ces communes libres ayant été intégrées et absorbées par le nouveau tracé des limites urbaines de Lille selon décrets de 1858 et de 1922 (Canteleu : île des Bois-Blancs). - Autres anciennes communes périphériques annexées, devenues des quartiers du nouveau Lille intra-muros de cette seconde moitié du XIXe S. : Fives-Lille, Saint-Maurice et Pellevoisin, Esquermes, et Wazemmes-Moulins ).
- le Faubourg de la Porte de Béthune.
La voie rapide de jonction en boulevard périphérique Sud relie les autoroutes A1 - E15 (Lille/Douai/Arras/Paris)et A 25 - E42 (Lille/Armentières/Bailleul/Dunkerque). Ce grand boulevard récent (des années octante) emprunte le tracé des grands fossés profonds et établissement des glacis des anciens murs et remparts - qui seront démantelés et comblés après les décrets Messimy de déclassement de la Place militaire de Lille(Ryssel) du 1er août 1914. Ces grands travaux de modification de la saignée des zones fortifiées et de leurs glacis non aedificandi, seront entrepris au cours des décennies 1920/1930. Interrompus par la WW II en 1940, ils seront repris et achevés par tranches de 1950 à 1970. Voies SNCF et autoroutières s'y établiront pour l'aspect commode de la chose, déjà toute tracée.
Ces dénominations locales traditionnelles évoquent les "grintes cauchies" médiévales et des âges picardisant classiques: selon directions des Cités sœurs drapantes, par les grands chemins d'accès à notre localité, enserrée en ses anciens murs et remparts des fortifications de Place (bien avant les renforcements Franchoys des annexions - éhontées et scandaleuses - de Vauban, Louis XIV). Respectivement, et selon le même ordre précédent :
- le faubourg de Douai - porte fortifiée "de Douai" - s'ouvre à la commune de banlieue limitrophe de Ronchin.
- le faubourg d'Arras (même raison : ancienne porte des remparts de 1860) mène vers les communes et cités proches du quartier de Mélantois (ancienne graphie médiévale ; Mélanthois); cad. vers Wattignies et Seclin - par le travers des quartiers de Lille-Sud/des Postes et celui de Thumesnil. Commune de Faches-Thumesnil, où se trouve la grande mosquée ainsi que le premier établissement scolaire confessionnel agréé par l'académie, leu Lycée musulman Dito.
- Porte des Postes et Faubourg des Postes, anciennes voies des courriers et liaisons (coches, diligences, relais de chevaux de monte ou de trait) vers la Francie (région parisienne notamment) qui mènent par la pointe de Loos-lez-Lille des lieux-dits : La Croix de Pierre (Ennequin) et l'épi de Soïl (prononcé "Souâel" ou soleil, nom Ch'ti ancien et poétique des céréales de famille des blés de froment, orge et avoine - par allusion aux nombreux champs fertiles de toute cette zone agricole de ce Sud du Mélantois) mènent vers Wattignies village. Il s'agit d'une zone naturelle protégée, sans projet d'autoroute, de voies ferrées, d'usines ou de cités HLM et autres sources de pollution probable (cad. de la zone des nappes phréatiques et grandes réserves principales d'eaux potables du dôme crayeux du Mélantois).
- Le faubourg de Béthune, ancienne porte éponyme, s'insère entre la ville intra-muros, Lille-Sud faubourg des Postes et le vaste ensemble régional de Parc Eurasanté du CHRU (Centre Hospitalier Régional & Universitaire). Ce faubourg est l'un des plus petits de Lille extra-muros ; il mène aux communes de Loos (ville), Haubourdin et Sequedin.
Incidemment : Haut-lieux "où l'Honneur fut sauf" lors de la bataille d'arrêt et d'arrière-garde des 25 au 31 mai de 1940.
Consulter à ce propos l'article (WIKI) en langue française intitulé "La poche de Lille" (1940)- accès par "Histoire des guerres mondiales du XXe siècle"/Portail Wikipédia - Histoire militaire ; entrées : poche de Lille / ou : groupe du général Molinié. Cette bataille d'arrière-garde ou de nasse - dite en langue allemande "Hexxenkessel" - cad: Chaudron des sorcières (NdT)- fut la première du genre 1940/45, par grand encerclement tactique et bombardement répété jour et nuit, lors de la campagne des Flandres (Fallgelb), 10 mai au 4 juin, prise de Dunkerque... Prélude à celle de France (Fallrot), des 5 au 22 juin 1940. Nous la connaissons chez nous, de mémoire familiale directement concernée, en tant que ; La "Bataille de Lille, Lille-Sud, Loos et Haubourdin". Selon les divers cimetières, carrés militaires et la nécropole nationale du dernier carré, d'Haubourdin (rue du générale DAME), qui rappellent ces sacrifices, et témoignent de par ces évènements de la toute fin de Mai 1940. Autre nom mis pour : bataille de Lille-Douai-Orchies-Ieper et du versant Deûle-Lys / et-ou en termes de : " réduction de la Poche de Dunkerque".
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14.12.2007
Découvrons Moulins

Moulins est un quartier populaire du Sud de Lille, classé zone franche urbaine, comptant environ 18.000 habitants. En 1840, les entrepreneurs y construisirent les premières filatures et les habitations pour loger leurs ouvriers. De nombreuses maisons de briques typiques sont toujours visibles aujourd'hui.
Ce quartier comporte un nombre importants d'habitants d'origine étrangère et souffre d'un taux de chômage aux alentours de 30%. Le quartier compte cependant 21% d'étudiants et abrite l'université de droit, inaugurée en 1995 et Sciences Po. La mairie de quartier tente de relancer l'activité économique et culturelle avec la reconversion de l'ancienne filature Le Blan et l'ouverture d'une Maison folie dans l'ancienne brasserie des Trois Moulins.
Métro de Lille
Ancien quartier industriel, Moulins est aujourd’hui un quartier à la recherche d’une nouvelle identité. Les différentes crises industrielles ont laissé place a de nombreuses friches réhabilitées soit en logement, soit en bâtiments publics. Les entreprises et les promoteurs hésitent à investir dans ce quartier, victime aussi depuis 20 ans d’un déclin du commerce de détail. Malgré le fait que 86% des entreprises soient classées de 0 à 10 salariés.
Les petits commerces sont donc majoritaires avec une moyenne de 1,32 commerces pour 100 habitants donnant une part plus importante pour les commerces classés dans la catégorie « Hôtels – Cafés – Restaurant ».
On remarque ainsi très facilement de nombreux Restaurants et Kebabs dans ce quartier, qui se sont majoritairement installés autour de la Faculté de Droit, pour pouvoir aussi toucher une clientèle étudiante.
Seulement 7 industries mécaniques et métallurgiques sont restées en activité, résistant aux vagues de fermetures et de délocalisations.
On notera donc une faible présence de « grosses entreprises » de plus de 100 salariés et l’absence de véritable pôle autour duquel pourrait s’organiser une vie économique, offrant ainsi un bassin d’emploi très faible à la population du quartier. En effet, selon Le Service Développement Economique et Insertion de la Ville de Lille, le quartier de moulins comptait seulement 11 entreprises de plus de 100 salariés en 1997.
Pour répondre à cette considération, le quartier de Moulins offre désormais des espaces de Zone Franche Urbaine et de Zone de Dynamisation Urbaine à travers lesquelles les implantation d’entreprises sont facilitées notamment grâce à des allègements fiscaux. Il n’existe pas non plus de véritable « centre commercial ». La grande distribution étant représentée par deux supermarchés de « petite envergure » dont un de « hard discount ».

Malgré cette faiblesse d’un point de vue économique, Moulins possède cependant une vitalité associative fortement développée notamment dans les champs de l’animation, l’éducation, la culture et l’environnement.
L’histoire de ce quartier et de son urbanisation en fait donc un lieu qui est devenu populaire et qui rentre aujourd’hui dans de vastes plan de réhabilitation.
Avec aujourd’hui plus de 18 000 habitants (18 659 au recensement de 1999), Moulins se classe au 5e rang des quartiers lillois avec environ 10% de la population totale de la ville. Ce petit pourcentage en matière de nombre d’habitants ne cache cependant pas d’autres caractéristiques qui donnent sa particularité a ce quartier. Moulins possède en effet une population très jeune. Selon les statistiques de 1990, certes anciennes, mais qui correspondent toujours à la tendance générale, les 0-14 ans représentent 42,4% de la population totale du quartier et les 15-24 ans, 22,6%.
De plus, Moulins se distingue en étant le deuxième quartier lillois pour son nombre d’étrangers.
Cette population se caractérise également par de grandes difficultés sociales. En effet, en 1998 32,7% des actifs sont au chômage, 12% de la population de plus de 25 ans est bénéficiaire du RMI et un tiers des enfants de CE1 est en retard scolaire. (Source : ANPE et Mission Locale de Moulins).
Environ 700 jeunes sont en contact avec la permanence de la mission locale du Quartier. Ils représentent 12,27% de la population accueillie par la Mission Locale de Lille.
Enfin, il est intéressant d’observer que ce quartier est un lieu de vie pour plus de femmes que d’hommes avec 52,04% de femmes et 47,06% d’hommes.
Ceux ci sont regroupés dans 7 881 ménages, 2 886 foyers de 2 à 5 personnes, 418 foyers de 6 personnes et plus et que 3857 personnes vivent seules. (Source : INSEE 1999)
15:35 Publié dans nos quartiers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lille moulins, huyghe, municipale
23.10.2007
Decouvrons un de nos quartiers : Le Vieux Lille
Le Vieux-Lille est sans doute le plus beau quartier de la ville. Situé au centre nord de Lille, venez visiter le quartier historique autour de la cathédrale de la Treille , la place aux Oignons, ses belles boutiques de luxe, ses restaurants gastronomiques, les galeries d'art, de la rue de la Monnaie au musée Hospice Comtesse en passant sous la porte de Gand. Les braderies de Lille. Les peintres du Vieux-Lille exposent dans la rue au Pétérinck. Venez visiter le dimanche matin le marché place Concert, élu par mis les plus beaux marchés de France.
Quartier chargé d'Histoire par excellence, le Vieux-Lille n'en a pas pour autant oublier de se transformer, de se moderniser.
Les changements, importants, n'ont pas porté atteinte aux témoignages du passé qui en font toute la beauté et le quartier reste incontournable pour les touristes en visite à Lille.
Pour qui se donne la peine de lever la tête, les richesses architecturales sont nombreuses sur les façades et flâner rue de la Monnaie reste un vrai plaisir toujours renouvelé.
Selon la légende, la ville de Lille aurait été fondée en 640 grâce à la victoire de Lydéric sur le cruel tyran Phinaert. Les deux géants sont aujourd'hui de toutes les fêtes lilloises.
Mais, c'est en 1066 que Lille est citée pour la première fois dans l'histoire. Le nom de la ville vient du latin « insula » (île) car lors de sa fondation au XI éme siècle, Lille émergeant des marais est entourée et traversée par de nombreux bras de la Deûle.
C'est au IXème siècle qu'est apparu pour la première fois le Comté de Flandre constitué après les traités de Verdun (843), et dont Lille deviendra une de ses capitales. Le petit-fils de Charlemagne, Charles le Chauve, l'avait hérité de son grand-père et transmis à son tour à sa fille Gisèle. Ainsi par une politique adroite et matrimoniale, la ville de Lille vivra la montée en puissance des Comtes de Flandre jusqu'au milieu du XIVème siècle. Louis de Mâle, dernier comte de Flandre, n'a qu'une fille, Marguerite, qui épouse en 1369 Philippe le Hardi, premier Duc de Bourgogne. La ville devient avec Dijon et Bruxelles l'une des capitales des Etats bourguignons, qui s'étendaient à leur apogée de la Hollande jusqu'au Mâconnais et la Franche-Comté. La tragique disparition de Charles le Téméraire (dernier duc de Bourgogne) en 1477 met brusquement fin aux fastes de la cour. Sa fille Marie épouse Maximilien d'Habsbourg. Leur petit-fils est le futur Charles Quint. Lille va ainsi partager pour plus de 150 ans le destin des Pays-Bas espagnols. Il faudra toute la volonté et la puissance de Louis XIV pour rattacher Lille à la France en 1667 lors d'une guerre de dévolution, comme en témoigne encore la Citadelle construite par Vauban. Arrive la Révolution française : la ville est assiégée par les Autrichiens (1792), en route pour Paris, pour libérer le Roi. La ville, grâce à ses canonniers, réussit à chasser l'ennemi. La Déesse , dressée sur son socle au centre de la Grand'Place reste le témoin de ce siège héroïque.
Le XIXème siècle hisse Lille au rang de grande capitale industrielle, qui s'agrandit très fortement en annexant cinq communes (Wazemmes, Esquermes, Moulins, Fives, Saint Maurice), triplant ainsi sa superficie et doublant le nombre de ses habitants.
Un siècle plus tard (années cinquante) le déclin de l'industrie du textile posera de sérieux problèmes économiques à la ville. Elle décide alors de se tourner résolument vers le tertiaire (banques, assurances, universités, grandes écoles et administrations). Euralille, le tout nouveau quartier de la ville, inauguré en 1994 est le plus vivant exemple d'une reconversion parfaitement réussie. D'ici partent désormais les trains directs vers Bruxelles, Londres, Paris, plaçant Lille au centre de l'Europe du Nord Ouest.
Aujourd'hui, avec ses 220 000 habitants, elle s'intègre dans une communauté urbaine de 87 communes, plus d'un million d'habitants, se plaçant au 4ème rang des métropoles en France. La grande diversité culturelle de cette métropole si dynamique, a contribué à la nomination de Lille, « Capitale Européenne de la Culture » et « Ville d'Art et d'Histoire » en 2004
1066 : Première mention de la ville dans une charte.
1214 : Bataille de Bouvines : le Roi de France Philippe Auguste bat le comte de Flandre et l'Empereur Germanique Othon IV.
1369 : Par mariage, Lille devient l'une des capitales de l'Etat Bourguignon, avec Dijon et Bruxelles.
1477 : Mort de Charles le Téméraire. Son héritière Marie de Bourgogne épouse Maximilien d'Autriche, apportant la ville aux Habsbourg.
XVI et XVII siècle : Lille fait partie des Pays Bas Espagnols sous le règne de Charles Quint jusqu'à Philippe IV.
1667 : Prise de la ville par Louis XIV. Lille est rattachée à la France.
1708 – 1713 : Guerre de succession d'Espagne, Lille est occupée par les Hollandais.
1792 : Siège de Lille par les Autrichiens.
1846 : Première ligne de chemin de fer entre Paris et Lille.
1966 : Création de la Communauté Urbaine.
1983 : Première ligne de métro (VAL).
1993 : Arrivée du TGV Lille Paris, Lille est à 1 heure de Paris.
6 mai 1994 : Inauguration du tunnel sous la Manche.
1994 : Ouverture de la ligne TGV-Nord européens Lille Londres Bruxelles et inauguration d'Euralille.
12:15 Publié dans nos quartiers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.08.2007
Decouvrons wazemmes !
À quelques minutes du centre de Lille, Wazemmes a conservé son esprit de village, festif et turbulent. Sa recette : un marché cosmopolite et une passion pour la musique, accordéon en tête.

Wazemmes (prononcez " ouazemmes ") est un véritable village avec sa place arborée, son église en brique et ses bistrots bruyants. Quartier traditionnel des ouvriers du textile depuis le 19e s., il n'a été rattaché à Lille qu'aux environs de 1860.
Le cœur de Wazemmes, c'est son marché. Tout le monde vous en parlera, même les Anglais le connaissent ! Trois fois par semaine, la place de la Nouvelle Aventure et ses belles halles de brique rouge débordent de produits du monde entier : aliments, vêtements et même... animaux vivants ! Certains étals forment comme un mini-Chinatown, d'autres un véritable souk. De vieux Arabes au visage parcheminé par le temps vendent du thé à la menthe tandis que des couturières explorent des ballots de laine à prix cassés...
Véritable mosaïque de couleurs, d'odeurs et d'accents, le marché de Wazemmes est à l'image de ce quartier populaire où quatre-vingt-dix nationalités cohabitent sans trop de problèmes. Il n'en a pas toujours été ainsi : frappé de plein fouet par la crise, Wazemmes a longtemps porté sa croix. Mais sa vie de quartier, son dynamisme associatif et son sens de la fête lui permettent de garder le bon cap et de devenir un tantinet bobo, tout en gardant sa forte fibre populaire.
Un fief de l'accordéon
En visitant le musée de l'Hospice Comtesse de Lille, vous tomberez sur une peinture du 19e s. intitulée La fête des dentellières à la guinguette de la Nouvelle Aventure à Wazemmes. La guinguette a disparu, remplacée par un marché et des bars, mais l'esprit reste inchangé. C'est celui de la liesse à la flamande, de la bière et... de l'accordéon. Le meilleur ambassadeur de l'instrument est Claude Vadasz, le directeur du festival de l'accordéon de Wazemmes qui a lieu chaque année entre l'Ascension et la Pentecôte. Il nous donne rendez-vous au café le Relax où chaque dimanche Marcel et son orchestre, ou une autre gloire locale, " met le feu " au plancher jusqu'au bout de la nuit. " Ces soirs-là, il faut jouer des coudes pour s'approcher de l'accordéoniste et danser ! " explique-t-il. " Avec l'Auvergne et l'Ile-de-France, le Nord a conservé intact son amour pour cet instrument populaire qui est un orchestre à lui tout seul ". À Wazemmes, la tradition de l'accordéon ne s'est en effet jamais " ringardisée " : elle s'est maintenue vivante grâce aux sociétés d'accordéonistes, animées par des ouvriers musiciens épris de pédagogie qui organisaient des concours et décernaient des médailles.
Mais à Wazemmes, l'accordéon est plus que vivant, il est déchaîné un peu l'équivalent du punk-rock à Londres en 1977. Le bal de clôture du festival attire facilement 3000 Lillois. En tant que programmateur, Claude Vadasz est un homme comblé : depuis le succès des Négresses vertes, l'accordéon est choyé par la nouvelle musique française, des Têtes Raides aux Ogres de Barbak.
Musique tsigane avec la compagnie du Tire-Laine
L'autre source vive de la scène musicale wazemmoise, est incarnée par la compagnie du Tire-Laine. Un tire-laine, c'est le nom dont on affublait le gitan au Moyen Âge que l'on accusait de "tirer sur la laine" des manteaux pour en dérober le contenu. Cette compagnie est un collectif d'une trentaine de musiciens répartis dans une dizaine de formations à géométrie variable qui mélangent musiques traditionnelles et nouvelles sonorités. Menée par Nono, l'une des figures mythiques du quartier, cette tribu conduit toutes sortes d'actions musicales tout en défendant la cause des Tsiganes. Seuls ou en groupe, soutenus par des conteurs ou des comédiens, tous ces musiciens insufflent la vie dans les cafés de Wazemmes et d'ailleurs. Ceux du Taraf Dékalé, groupe qui réunit une douzaine de musiciens autour d'un répertoire constitué de chansons tziganes, klezmer (la musique folklorique yiddish) et de compositions originales, ont eu l'honneur d'ouvrir avec succès le Bal Blanc*, l'un des meilleurs moments de la soirée dit-on.

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